jeudi 9 mai 2019

ACTUALITÉS // VERNISSAGE-PERFORMANCE EXPOSITION EMMA BOURGIN & LÉONARD NGUYEN VAN THÉ "IL EÛT FALLU QUE SON REGARD FÛT PÉNÉTRANT", LE ROI SOLEIL / ESPACE REGARDS, MORET SUR LOING / COMMISSARIAT PAULINE LISOWSKI

« Il eût fallu que son regard fût pénétrant », Le Roi Soleil.

Emma Bourgin et Léonard Van Thé

Moret-sur-Loing, petite ville d’artistes, éloignée et pourtant proche de Paris, a incité Emma Bourgin et Léonard Van Thé à la pénétrer, à la recherche de ce qui fait son charme et son dynamisme.

D’une attention aux pierres de cette maison, ils sont venus arpenter le territoire à la découverte des matières. L’un jardinier, paysagiste, poète, l’autre, artiste plasticienne, tous deux observent, récoltent, expérimentent, façonnent les matériaux. Moret fut leur terrain d’expériences et d’exploration. Ils ont travaillé dans et avec ce lieu et ses habitants. Leurs rencontres et trouvailles ont donné naissance à de nouveaux récits, continuité de cette ville riche en mémoire. Une plaque témoignant de la présence du peintre Sisley, qui a laissé sa trace, les a amenés à prendre une nouvelle empreinte. La Mauresse de Moret, autre personnage est apparu au fil de leur quête. Ces personnages, icônes, resurgissent dans les lignes qui traversent les matières.

Des vitraux de cire, tels de nouvelles peaux mettent au jour l’architecture tout en faisant écho à un art ancien. Pour Emma Bourgin, le décollement, l’arrachement de cette matière sensible, fait apparaître l’envers, ce qu’il y a en dessous, les strates temporelles des murs de ces lieux.

En descendant au niveau inférieur de l’espace, la lumière guide vers une installation qui prend vie par le feu. À l’intérieur des regards, espaces cachés et ouvertures, des dessins sur des plaques de métal renvoient aux récits, à leurs découvertes. Fragments d’architectures, ces éléments prennent place comme une nouvelle peau de cette maison, devenue organisme vivant. Les œuvres fusionnent avec l’espace. Les matières s’enrichissent les unes avec les autres. Les lignes, dessinées dans les creux, renvoient aux liens entre les individus et matières.

Dans le jardin, Léonard Van Thé révèle les méthodes de palissages des vignes inventées à Thomery   qui connurent un rayonnement international. Sur le mur, un dessin réalisé avec l’argile issue d’une dernière exposition signifie les cordons morétains inspirés par les techniques mises au point par M. Rose Charmeux, horticulteur. Celui-ci poursuit et fertilise la croissance des plantations.

Par le déplacement des matériaux, ces artistes nous racontent un patrimoine et relèvent les empreintes successives qui marquent ce lieu. Cette exposition invite à le découvrir par les objets et matières qui le composent et fondent son histoire. De cet espace, les artistes étendent notre regard, à travers les murs, vers l’extérieur, jusqu’au-delà de la ville. Un souffle traverse les murs. De nouvelles traces s’ajoutent aux pierres et à la terre du lieu.

Pauline Lisowski.

mercredi 27 février 2019

Ça commence vendredi à La Charpente à Saint-Mandé

ATELIER, verbe du premier groupe, se conjugue avec l'auxiliaire être,
est une proposition d'exposition conçue en duo, spécifiquement pour et avec ce lieu. Entre des pièces in situ et un travail à 4 mains nous serons heureuses de vous présenter le fruit de cette rencontre.
Vernissage le vendredi 1er mars à partir de 18h.
D'autres évènements viendront ponctuer l'exposition que nous vous partagerons d'ici peu.
Exposition ouverte de 14h à 18H.
La Charpente
1 rue Amiral Courbet
Saint-Mandé 94160
A 2 minutes du métro Saint Mandé ligne 1

"Nous sommes invitées à présenter une exposition au sein de la Charpente, un atelier à Saint-Mandé, qui accueille enfants et adultes pour différentes pratiques artistiques.
Ce lieu, ancienne serrurerie, est plein d’objets, de matériaux, d’outils, de savoirs et d’expériences. C’est un espace comme ceux que nous avons fréquentés lors de notre enfance, lieu d’éveil à la matière, à la couleur, aux formes, un lieu de création et d’apprentissage.
Cet atelier n’est pas si éloigné de nos ateliers respectifs actuels, puisque y cohabitent là aussi un ensemble d’objets hétéroclites et variés. Nous savons que c’est au contact de ce foisonnement hétérogène et multiple que notre travail s’opère. Il faut que le regard alerte navigue, que le corps circule, que les gestes habitent l’espace du travail et de la pensée.
Emma dit: quand j’arrive à l’atelier j’allume le feu sous la cire d'abeille. C’est comme allumer la lumière.
Natalia dit: quand j’arrive à l’atelier, je mets de l’ordre, je range constamment, je déplace et trie les papiers, je retire la poussière des pigments et des pastels. Je bouge beaucoup, je ne sais pas quand le travail commence véritablement.
Il faut l’avouer nous aimons les ateliers. Les découvrir est toujours une aventure.
Ici nous ne chercherons pas à exposer le travail mais à le faire cohabiter avec ce qui est là. Nous nous demanderons comment l’ouvre peut exister et être visible dans un autre atelier que le nôtre. Nous chercherons une zone du visible et de la place par frottement, voisinage et rencontre. Entre nous deux, et avec ce lieu.
C’est aussi l'occasion de rendre hommage aux ateliers et à ce qui s’y apprend traditionnellement : la nature morte, le modèle, la couleur, la palette, la terre. Finalement, ces apprentissages reviennent d'une façon ou d'une autre dans notre pratique."